Le maire de La Rochelle, Olivier Falorni, a présenté ce mercredi plusieurs dispositifs destinés à accompagner les sans-abri. Une manière de répondre aux critiques de l’opposition et de certaines associations, qui l’accusent de vouloir éloigner les personnes sans domicile du centre-ville. L’édile n’exclut pas d’étendre les arrêtés municipaux à d’autres quartiers de la ville.
Depuis près d’un mois, ce dernier et son équipe municipale sont vivement critiqués par une partie de l’opposition et des associations d’aide aux sans-abri, qui les accusent de vouloir les chasser du centre-ville en les verbalisant et en les délogeant. Ces organisations ont d’ailleurs organisé une manifestation ce samedi devant l’hôtel de ville, rassemblant près de 200 personnes.
553 000€ en 2025 pour la gestion du sans-abrisme
Olivier Falorni assume de son côté vouloir garantir la tranquillité publique et le libre passage dans les rues de La Rochelle. Une conférence de presse a été organisée ce mercredi 3 juin, au cours de laquelle le maire de La Rochelle a répondu à ses opposants sur le terrain de la solidarité. Du moins, c’était l’objectif.
En 2025, le CCAS, la Ville et l’Agglomération de La Rochelle ont consacré près de 553 000 euros à la gestion du sans-abrisme, aussi bien à travers les interventions des services (hors frais de personnel) que par le biais de subventions accordées à des associations comme l’Escale ou Altéa Cabestan. Ces structures permettent notamment d’héberger certaines personnes en grande précarité ou d’organiser des distributions alimentaires. Un rappel jugé nécessaire par Olivier Falorni, qui souhaite mettre en avant les moyens déployés pour accompagner les personnes sans domicile vers une sortie de la rue, à la suite d’un état des lieux réalisé après son élection.
En parallèle, le CCAS a remporté un appel à projets européen qui permettra la mise en place d’un binôme chargé d’informer les sans-abri de La Rochelle sur leurs droits, dont une grande partie méconnaît l’existence. Cette mission a été confiée à l’association Altéa Cabestan. De son côté, le CCAS va expérimenter l’initiative « Bureaux du Cœur ». Déjà déployé dans plusieurs villes, ce dispositif consiste à mettre à disposition, par des entreprises ou des administrations, un bureau pour accueillir temporairement une personne sans domicile fixe. L’accès est soumis à des critères stricts : être majeur, ne pas avoir d’animal de compagnie, ne pas souffrir d’addictions, entre autres. Un bureau du Centre communal d’action sociale sera ainsi mis à disposition d’une personne sans domicile engagée dans un projet de réinsertion.
Distingué les "militants sincères" des "tartuffes du cœur"
Après la présentation des différentes mesures, la question de la gestion des sans-abri est rapidement revenue au cœur des échanges lors des premières questions des journalistes. Alors que l’estimation du nombre de personnes sans domicile reste complexe en raison des variations constantes, Olivier Falorni a une nouvelle fois rappelé que l’action menée à leur encontre découle d’arrêtés pris sous les mandats des précédents maires, Jean-François Fountaine et Thibaut Guiraud. « Je n’ai donné aucune consigne aux policiers municipaux si ce n’est d’appliquer ces arrêtés », a affirmé le maire de La Rochelle.
« Parmi la petite centaine de manifestants devant l’hôtel de ville, il y avait des élus de la majorité précédente qui n’avaient émis aucune réserve sur les arrêtés […] Ne pas appliquer les arrêtés que l’on signe, voilà bien le comble de la tartufferie », a dénoncé Olivier Falorni à propos de certains anciens adjoints, qu’il qualifie de « Tartuffes du cœur », tout en distinguant ces derniers des « militants sincères ». Rejetant l’idée d’un arrêté « anti-mendicité », l’édile affirme par ailleurs que près d’un tiers des personnes composant le groupe de sans-abri présent dans les rues disposerait d’un logement, selon un état des lieux réalisé par la municipalité.
« Je ne suis pas un Bisounours », a également lancé le maire, qui affirme vouloir redonner de la tranquillité publique aux Rochelais. « C’est étrange. Je vous invite à aller voir les riverains du centre-ville, les commerçants du centre-ville. Demandez-leur s’ils préféraient la situation avant ou maintenant. S’ils vous disent que c’était mieux avant ces arrêtés, je les mettrai à la poubelle », a déclaré Olivier Falorni.
Vers une extension de l'arrêté sur les Minimes ?
Une fermeté à l’égard des sans-abri qu’Olivier Falorni entend maintenir dans les prochains mois. « Je continuerai à faire appliquer avec fermeté les arrêtés. Avec discernement, mais avec fermeté », a-t-il assuré. Ces arrêtés, qui concernent pour l’instant principalement le centre-ville, pourraient être étendus à d’autres quartiers, notamment aux Minimes, où plusieurs personnes sans domicile se regroupent désormais aux abords du Carrefour. « Je vous confirme qu’il y a un effet de déplacement. Nos équipes de police municipale interviennent de la même façon », a indiqué le maire de La Rochelle.
L’édile a également révélé avoir déposé plainte après avoir été la cible de menaces de mort proférées, selon lui, par une personne sans domicile fixe. Les faits se seraient produits lundi matin alors qu’il se rendait à l’hôtel de ville. Après l’avoir insulté, l’individu l’aurait menacé. Olivier Falorni affirme que cette personne a été parfaitement identifiée, mais qu’elle n’a pas été interpellée.






