Le lycée Léonce-Vieljeux était au cœur de l’attention ce vendredi matin, pour la deuxième journée de blocage des lycées à La Rochelle. Après une première journée sans incident devant l’établissement et malgré les appels au calme lancés par des élèves et des enseignants, des tensions ont éclaté. Près de huit personnes ont été placées en garde à vue.
Après le jeudi 1er octobre marqué par le blocage de cinq établissements, les lycéens rochelais ont poursuivi le mouvement ce vendredi 2 octobre. Alors que des tentatives de blocage n’ont pas abouti devant les lycées Valin et Rompsay, de nombreux jeunes se sont réunis devant le lycée Léonce-Vieljeux. Déjà bloqué la veille, l’établissement avait connu une mobilisation qui s’était déroulée dans le calme, selon les élèves présents sur place, qui appelaient à une mobilisation similaire ce vendredi.
À 8 heures, entre 300 et 400 jeunes étaient réunis devant un feu allumé devant les grilles de l’établissement. Face à l’épais panache de fumée dégagé, les pompiers sont intervenus pour éteindre les flammes. Comme à Dautet la veille, ils ont été applaudis par plusieurs élèves. Après un face-à-face avec les forces de l’ordre, qui s’étaient avancées après l’arrivée des pompiers, un nouveau feu a été allumé devant les grilles, à l’aide de matériel de chantier et de poubelles situés à proximité, sous la surveillance d’un drone de la gendarmerie.
« C’est un message pacifique qu’on veut faire passer, arrêter de caillasser bêtement », lance un élève au mégaphone. Une autre appelle les jeunes à « venir dire leurs revendications », estimant que « brûler le lycée ne sert à rien du tout et que ça va provoquer des émeutes ». Des professeurs sont également intervenus auprès des jeunes pour leur apporter leur soutien et appeler à éviter toute violence.
"Ces comportements ne représentent absolument pas le mouvement que nous portons"
Pourtant, quelques minutes plus tard, un groupe d’individus cagoulés va lancer les hostilités en tirant à plusieurs reprises des mortiers d’artifice en direction des forces de l’ordre. Des grenades lacrymogènes sont alors tirées devant le lycée, tandis que les forces de l’ordre font également usage de LBD.
En milieu de journée, une centaine d’étudiants en grève, après avoir bloqué la fac, rejoignent le mouvement. Un petit groupe d’individus ouvre de nouveau les hostilités, provoquant de nouvelles tensions et enveloppant les alentours du lycée d’un voile blanc de gaz lacrymogène. Une barricade est incendiée avenue du 11-Novembre, tandis que lycéens et étudiants quittent progressivement le rassemblement, faute d’organisation autour d’une éventuelle manifestation. De petits groupes se retrouvent ensuite place de Verdun, où un rassemblement avait été appelé sur les réseaux sociaux à 13 heures, sans toutefois réunir suffisamment de participants pour s’organiser.
Les violences survenues devant le lycée Léonce-Vieljeux ont toutefois poussé un groupe d’élèves à publier un communiqué sur les réseaux sociaux, dans lequel ils condamnent « fortement les feux et les altercations qui ont lieu aux abords du lycée ». « Ces comportements ne représentent absolument pas le mouvement que nous portons à Vieljeux : il s’agit notamment de personnes extérieures au lycée », dénoncent-ils.
De nouvelles mobilisations dès lundi
Arnaud Laraize, procureur de la République de La Rochelle, indique que près de huit individus étaient en garde à vue en fin d’après-midi ce vendredi pour des faits de dégradation par incendie, de participation à une manifestation le visage dissimulé, de participation à un groupement en vue de commettre des violences et de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique.
La préfecture indique de son côté qu’aucun incident n’a été constaté aux abords des lycées Dautet et Saint-Exupéry, ces derniers ayant été fermé en raison de dégradations et alors que les rassemblements y avaient été interdits. Pour rappel, l’Université de La Rochelle avait également été fermée en raison des risques de violences liés à la mobilisation, tout comme le CFA de Lagord.
Le mouvement ne devrait pas faiblir la semaine prochaine, alors que les appels à la mobilisation sont massivement relayés sur TikTok, mais aussi dans des groupes Snapchat et Instagram réunissant plusieurs dizaines, voire centaines d’élèves. De nombreuses publications appellent à de nouveaux blocages devant les lycées de la ville, mais aussi devant certains collèges, avant une convergence vers le centre-ville.
Des arrêtés ont d’ores et déjà été pris par le préfet pour interdire, lundi et mardi, la détention, le transport et l’utilisation de fusées et d’artifices, ainsi que d’armes et d’objets pouvant constituer une arme par destination. Le port et le transport d’équipements de protection individuelle destinés à se prémunir contre les projections sont également concernés par ces mesures.
Aucune information n’a pour l’heure filtré concernant d’éventuelles nouvelles fermetures d’établissements.
Arnaud Laraize, procureur de la République de La Rochelle, a également indiqué qu’à la suite de la journée de mobilisation de jeudi, un policier avait eu le coude fracturé après avoir reçu un jet de pavé. Il précise également que cinq jeunes seront prochainement jugés par le tribunal pour enfants après avoir reçu une convocation. Un autre a été présenté au procureur de la République avant d’être placé sous contrôle judiciaire. Une dernière personne a été déférée dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).
Le procureur a également indiqué qu’une enquête pour « violences volontaires en réunion sans précision des auteurs » avait été ouverte après la publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo prise jeudi en marge du blocage du lycée Dautet. On y voit une altercation entre un homme et plusieurs lycéens. Selon Sud Ouest, l’homme aurait été pris à partie après avoir été accusé par des jeunes d’avoir tenu des propos « néonazis » en passant à proximité du mouvement. Il aurait ensuite été violemment frappé avant de parvenir à s’enfuir, toujours selon le quotidien.






