De nouveau titulaire, près d’un mois après sa première apparition prometteuse, en Top 14, à Toulon, le jeune demi de mêlée Valentin Bouju (18 ans) est revenu sur ses débuts, la dernière rencontre face à Clermont-Ferrand, avant d’évoquer le prochain déplacement à Lyon.
Valentin, vous enchaînez les feuilles de match depuis vos débuts sur la pelouse de Toulon, il y a environ un mois, est-ce que vous avez digéré ces débuts remarqués ?
Oui, bien sûr, je l’ai digéré, ça commence à faire longtemps, ça fait quatre ou cinq semaines déjà. C’était vraiment un moment incroyable, un bon moment à vivre aussi. Je pense qu’il ne faut pas s’arrêter sur ça, qu’il faut rebondir. C’est ce que j’essaye de faire en enchaînant grâce à la confiance des coachs et des joueurs aussi.
Quels sont les axes de progrès que vous avez identifiés ?
Pour l’instant, c’est surtout les sorties de camp et mes passes. Je bosse sur ça. Beaucoup. C’est ce qui est le plus important pour l’instant.
Vous avez aussi un gros coup de pied, vous l’avez toujours eu en vous ?
Non (sourire), j’ai beaucoup bossé sur le jeu au pied. C’est vrai que j’ai un gros jeu au pied, mais il faut que j’arrive à être plus précis dessus. Je pense que c’est important pour aider l’équipe, notamment contre Lyon, qui est très bon sur les contre-attaques. Il va falloir qu’on les mette en difficulté sur ça avec Antoine (Hastoy).
Vous avez fait la passerelle Crabos-pros, sans passer par la case Espoirs, ça paraît un peu fou, vu de l’extérieur.
Oui, ça peut paraître un peu fou, mais en interne, franchement, ça s’est très bien passé, les gars ont été très cool avec moi. Ça s’est fait assez naturellement avec les premiers matchs amicaux. Bon, ça fait un peu bizarre de jouer avec des pros, contre des pros, mais bon, enchaîner, avoir la confiance des joueurs, des coachs, ça permet de basculer plus facilement.
À quel moment avez-vous appris que vous alliez « basculer » comme vous le dites ?
À la fin de la saison dernière, j’ai appris que j’allais faire la prépa’ (de pré-saison) et après, sur le stage à Loudenvielle que l’on a fait tous ensemble, c’est là que j’ai appris que j’allais faire le premier match amical (face à Bordeaux) et après j’ai enchaîné sans trop me poser de questions.
Cette victoire face à Clermont-Ferrand a dû faire du bien, notamment avec cette belle seconde mi-temps.
Bien sûr. Tout le monde a vu que notre deuxième mi-temps a été bonne. Les supporters nous ont apporté beaucoup d’énergie. Je pense qu’il faut qu’on reste sur ça et qu’on reparte comme ça dès l’entame du match samedi.
Comment vous avez vécu le fait de démarrer à Toulon puis de ne pas entrer en jeu le match suivant face au Racing 92, à domicile ?
Je sais qu’aujourd’hui, Nolann (Le Garrec), c’est un des meilleurs neuf en France et même au global. Je savais que je n’allais pas avoir énormément de temps de jeu si c’était serré. Ne pas rentrer, bien sûr, c’est frustrant, mais je pense à l’équipe et je me dis que si je ne suis pas rentré, c’est parce qu’il y a une raison. J’ai basculé sur le match suivant à Pau.
Est-ce qu’il y a des choses que vous « prenez » du jeu de Nolann Le Garrec ?
Bien sûr, beaucoup de choses. Typiquement, sur sa vitesse et comment il arrive à trier les ballons, à savoir s’il va attaquer la ligne, s’il va faire la passe…
On a parlé de votre connexion avec Nolann Le Garrec, entre autres, comment elle se fait avec Antoine Hastoy, qui joue en 10 ?
Ça se passe très bien. Il me parle beaucoup. Je pense que c’est important pour savoir ce qu’il attend de moi, sur telle situation, comment il veut le ballon, à quel moment il veut qu’on accélère le jeu… Se parler, c’est primordial pour ça et il le fait très bien.
En tant que Rochelais, qu’est-ce que cela vous a procuré de porter le maillot rochelais pour la première fois à domicile (en Top 14), face à Clermont-Ferrand samedi dernier ?
C’est un honneur pour moi. J’ai toujours voulu jouer en Top 14, d’autant plus dans ce club. Pour moi, s’il y a un club de rugby, c’est ce club-là parce que j’habite ici, je suis né ici, j’ai toujours joué ici. Donc c’est une fierté pour moi de porter ce maillot plus qu’un autre.
Propos recueillis par Jules Lefebvre






