Préservé le week-end dernier lors de la victoire à Lyon (16-28), le capitaine du Stade Rochelais, Grégory Alldritt, sera de retour pour disputer le match face à l’équipe sud-africaine des Lions (samedi, 18H30), le premier de cette Champions Cup version 2026/2027.
Cette Champions Cup a toujours un goût particulier quand on s’en approche ?
Oui, ça fait plaisir, surtout que cette année, on a une journée qui a lieu un peu plus tôt que d’habitude. Ça vient donc couper ce premier bloc de Top 14, qui est assez dense. Je suis très content et excité.
Est-ce que ça fait du bien d’avoir une poule où ne figurent ni le Leinster ni les Stormers ?
Oui, c’est vrai que ça fait bizarre (sourire). Ce week-end, personnellement, je découvre une équipe, les Lions, contre laquelle je n’ai jamais joué. C’est aussi pour ça qu’on aime cette compétition : ça amène un petit peu d’air dans notre routine de Top 14.
Est-ce que le fait d’avoir été éliminé dès la phase de poules l’an dernier, avant d’être reversé en Challenge Cup, redonne une saveur particulière à cette nouvelle édition ?
Oui, et l’année d’avant, il y avait eu une défaite ici face au Munster (en huitième de finale, en 2025, NDLR) que j’ai encore en travers de la gorge. On a à cœur de faire une belle compétition. J’ai vu passer les articles, on le dit tous. Maintenant, à nous de le prouver ce week-end sur le terrain.
Un mot sur la dynamique actuelle : vous restez sur deux victoires consécutives et vous allez recevoir lors des deux prochaines rencontres. Est-ce le moment de vraiment lancer une série positive pour l’équipe ?
Je pense qu’il ne faut pas non plus se poser trop de questions. On restait sur deux victoires (Toulouse puis Toulon) et une belle dynamique, même quatre en comptant les matchs amicaux, et ça a été suivi par deux défaites. Il faut regarder l’entraînement d’aujourd’hui, préparer le captain’s run de demain et ensuite jouer le match de samedi, avant de refaire la même chose la semaine prochaine. Je pense qu’il faut arrêter de voir trop loin, vivre un petit peu plus le moment présent, sans pression, relâchés, et tout donner samedi avant de basculer sur la suite. C’est un peu la phrase bateau, je sais que ça ne vous plaît pas, mais c’est la vérité. On a traversé beaucoup de galères ces dernières années. Là, on sort de deux semaines compliquées, comme vous pouvez l’imaginer, avec le Racing et Pau. Donc, ça fait vraiment du bien de profiter de chaque journée d’entraînement, de voir des sourires et de sentir une bonne énergie au club.
Que pouvez-vous nous dire de cette équipe des Lions, qui va disputer la Champions Cup pour la première fois ?
C’est une équipe qui met énormément de vitesse et d’intensité, qui monte très fort en défense. La difficulté pour nous, c’est de réussir à basculer un petit peu par rapport au Top 14. Même si le match à Lyon a été plutôt dynamique et qu’il y a eu un gros temps de jeu effectif, on sait qu’on va avoir plus de vitesse, un arbitrage qui va peut-être moins siffler et favoriser le jeu, avec moins d’importance accordée à la conquête. On le sait. On a déjà été surpris sur certains matchs. On est prévenus. À nous de faire confiance au staff, on a une bonne stratégie, je pense.
Après le match à Lyon, Ronan O’Gara disait que ça l’excitait de voir le groupe avec cette concurrence. En tant que capitaine, partagez-vous ce sentiment ?
C’est fabuleux d’avoir 35, voire peut-être 40 compétiteurs qui en veulent à l’entraînement. Ça fait plaisir de voir le staff, je ne sais pas si c’est le bon mot, « chahuté », avec des choix à faire et qui doit se gratter un peu la tête. Ça, c’est notre job, à nous les joueurs : faire en sorte que ce soit compliqué pour eux. Je pense que, pour ce week-end, ça n’a pas été facile pour le staff de cocher les 23 joueurs. C’est cool pour tout le monde. C’est bien pour les jeunes, qui prennent confiance, pour les moins jeunes qui ont joué et qui prennent confiance aussi, et pour ceux qui n’ont pas joué : ça leur met une petite piqûre de rappel. Ça fait un bon cocktail, je l’espère.
Comment avez-vous vécu le départ de Romain Carmignani, l’entraîneur de la défense depuis 2020 ?
Je pense que Romain était quelqu’un de très proche du groupe, humainement, mais aussi en tant qu’entraîneur. C’est quelqu’un de très apprécié au club. Il a joué ici, il a entraîné ici, on a gagné ensemble, on a perdu ensemble, on a tout fait. C’est son choix. Nous, les joueurs, on ne peut que le respecter.
Propos recueillis par Jules Lefebvre






