Présent en conférence de presse avant le match face au Stade Toulousain (dimanche, 21h05), le capitaine du Stade Rochelais, Grégory Alldritt, est revenu sur ses ambitions pour la prochaine saison, son retour manqué avec les Bleus cet été en raison de sa blessure au mollet ainsi que sur la potentielle prolongation de contrat du manager Ronan O’Gara.
La défaite en barrage face au Stade Français en fin de saison (45-5) a-t-elle freiné l’enthousiasme né de votre printemps, où vous avez enchaîné les victoires ?
Je pense qu’on débute la saison sur de meilleures bases, avec un petit peu plus de confiance en notre jeu et on l’a abordé aussi avec le rugby au centre de cette présaison. Maintenant, on a hâte de jouer, hâte de le mettre en pratique et hâte que la saison commence. Sur ce barrage, comme je l’avais dit en fin de saison, on revenait trop loin, on fait un non-match, beaucoup de joueurs étaient à bout. On n’est pas trop resté là-dessus, on va plutôt essayer de commencer cette saison sans faire les mêmes erreurs que les saisons précédentes. Ne pas attendre d’avoir le pistolet sur la tempe pour gagner des matchs. Et essayer de prendre du plaisir, proposer un joli rugby dès le mois de septembre.
Vous entamez votre dixième année au club. Vous attendiez-vous, un jour, à un changement aussi radical dans votre manière de jouer ?
Non, franchement, ça serait mentir de dire que je l’avais vu venir. La blessure de Will (Skelton) au tendon d’Achille, l’épisode Uini (Atonio), tout ça, il n’y avait pas grand monde qui l’avait vu venir. Est-ce que ça serait le même rugby s’ils étaient là ? Je pense que ça a été un peu notre destin, notre chemin. On a eu des épreuves. Petit à petit, ça nous a amenés vers ça, on a pris du plaisir là-dessus. On va voir ce qu’on fait cette année. J’espère qu’on va garder ce rugby, mais qu’on va essayer d’être un peu plus conquérants devant sur la conquête, qui nous a, notamment sur ce dernier match au Stade français, coûté beaucoup de points et d’énergie.
Le fait d’avoir connu des difficultés en mêlée la saison dernière et d’avoir parfois été un peu ciblés dans ce secteur par les équipes adverses vous motive-t-il particulièrement ?
Oui, on a tous un peu d’ego là-dessus. Surtout que pendant mes dix années au club, la force du Stade Rochelais, c’était sa mêlée. Quand on est ciblé là-dessus, comme l’an dernier, je pense que ça fait mal au cœur à tout le monde. Donc à nous d’essayer de remettre un peu l’église au centre du village. On ne peut pas prédire, je ne sais pas si on sera dominant en mêlée, mais en tout cas, ce sera hors de question d’être dominé comme on l’a été l’an dernier.
Toulouse vise un quintuplé en fin de saison. Est-ce un levier de motivation pour les autres équipes, à commencer par vous qui les recevez ce dimanche ?
Non, ce n’est pas le fait qu’ils visent le quintuplé. Parce qu’eux, ils visent le quintuplé mais Bordeaux vise un premier Brennus, nous on vise un premier Brennus, Montpellier vise…, Quand on regarde le Top 14, tout le monde vise à gagner quelque chose. Le levier de motivation, c’est que, j’estime, je pense comme beaucoup, que Toulouse, c’est est la meilleure équipe du monde, en club. On a la chance de la recevoir pour commencer le Top 14, d’entrée à Deflandre. C’est ça qui me motive. D’entrée, on a les meilleurs en face de nous. On va savoir où on en est.
Vous avez manqué la tournée d’été avec les Bleus en raison de votre blessure au mollet. Comment avez-vous vécu cela ? À un an de la Coupe du Monde, la perspective de la jouer vous « obsède »-t-elle ?
Bien sûr que j’y pense. J’étais très déçu de ne pas pouvoir faire la tournée d’été. J’avais un peu coché cet objectif après le Tournoi, je voulais reporter le maillot bleu et essayer de reperformer, de montrer ce que je valais. Malheureusement, ça n’a pas pu se faire cet été. La meilleure des choses pour moi, c’est d’essayer d’être bon avec la Rochelle, dès dimanche et de faire mes matchs en Top 14. Il se passera ce qu’il se passera. En tout cas, je ne vais pas lâcher le morceau. Je vais me battre pour faire partie de cette liste. Déjà, pour faire la préparation à la Coupe du monde et espérer décrocher une place pour l’Australie.
Comment avez-vous sentis les internationaux Nolann Le Garrec, Oscar Jegou et Antoine Hastoy depuis leur retour avec le groupe ?
C’est comme s’ils avaient toujours été là. Ce sont des joueurs qui ont de l’expérience, ce n’est pas leur première tournée donc ils savent aborder ce genre de reprise. Physiquement, même s’ils n’ont eu que trois semaines de présaison, ce ne sont pas des joueurs qui ont besoin de deux mois. Ils seront prêts.
Un mot sur Ronan O’Gara. Sa prolongation paraît être en bonne voie. Le sentez-vous plus excité par ce projet de ramener La Rochelle là où elle était il y a quelques années ?
Bien sûr. Il voit en chacun de nous ce qu’il peut tirer de mieux. Je pense qu’il est très content du groupe, entre l’effectif qui est resté de l’an dernier, les recrues, les jeunes. Il y a quelque chose de très compétitif, il voit quelque chose qui lui plaît énormément. Son objectif, ça va être justement de nous challenger pour essayer d’aller revivre ce genre de matchs. Un entraîneur comme « ROG » qui a été joueur aussi, qui a connu autant de matchs internationaux, de phases finales et de titres, bien sûr qu’il a envie de jouer des phases finales et qu’il a envie de nous y amener. Il est motivé.
A-t-il beaucoup évolué depuis son arrivée à La Rochelle en 2019 ?
En huit ans, s’il ne changeait pas, je pense qu’il aurait lassé beaucoup de personnes. C’est quelqu’un qui arrive à se remettre en question, à amener toujours un peu de nouveauté dans le quotidien, dans les entraînements, dans sa façon de manager, dans sa façon de voir le rugby aussi. Des choses simples. Mais quand on avait Tawera (Kerr-Barlow) en 9, on ne voit pas forcément le rugby de la même manière que quand on a Nolann (Le Garrec) en 9. Mais il arrive à s’adapter à ses joueurs. Et à essayer de sortir le meilleur en fonction du joueur qui joue. Ses ambitions et ses motivations je dirais qu’elle n’ont pas changé. Mais lui, il a su évoluer au cours des années, en tout cas.
Le fait que le staff soit en fin de contrat à l’issue de la saison est-il quelque chose auquel vous, les joueurs, pensez ?
Pour mon cas personnel, non. Quelqu’un qui est en fin de contrat cette année, peut-être qu’il peut y penser, je ne sais pas, je ne suis pas à sa place. Moi, mon seul objectif, c’est la saison qui arrive. C’est encore tôt, au mois de septembre, pour se projeter plus loin.






