Le projet de nouveau règlement intérieur du conseil municipal est vivement critiqué par les groupes d’opposition. En cause, « de nombreux reculs » qui font craindre une restriction de la prise de parole des élus et une réduction de leur espace d’expression dans le journal municipal.
« Son opposition rêvée est une opposition muselée. » Le ton est donné par Léa Crestois, conseillère municipale d’opposition du groupe « La Rochelle Unie ». Avec Olivier Godin et Océane Mariel, qui représentent également l’opposition de l’union de la gauche, elle dénonce le projet de nouveau règlement intérieur du conseil municipal, qui se retrouve sous le feu des critiques.
Les causes sont multiples, à commencer par le journal municipal, distribué chaque trimestre, dans lequel les groupes d’opposition disposent jusqu’ici d’un espace d’expression. D’après les conseillers municipaux d’opposition, Olivier Falorni disposerait désormais de la moitié de l’espace réservé, tandis que les oppositions devraient se partager le reste. Dans la première version du projet, il était même proposé de répartir cet espace proportionnellement au nombre de sièges. « Ce serait humiliant pour le groupe de Brigitte Desveaux », dénonce Olivier Godin, ce groupe ne disposant que de deux sièges et n’ayant ainsi eu droit qu’à l’équivalent d’un tweet. Une décision qui pose d’autant plus question que, lors de la précédente mandature, chaque groupe bénéficiait d’un espace équivalent.
Autre « régression » dénoncée par l’opposition municipale : la possibilité de ne plus pouvoir débattre, notamment en début de conseil municipal. Un temps de prise de parole de 30 minutes est en effet prévu en amont afin de permettre au maire de s’exprimer sur l’actualité. Mais si l’intégralité de ce temps est utilisée par Olivier Falorni, les oppositions ne pourraient pas lui répondre. Un autre point inquiète également « La Rochelle Unie » : « Le règlement dit que le maire peut vous interrompre et couper la parole s’il estime que c’est une attaque subjective ou polémique. » Enfin, chaque groupe ne pourrait désormais déposer que deux vœux par an, et uniquement sur des sujets locaux.
"C'est le symbole de la conception de la démocratie d'Olivier Falorni"
Reçu fin juillet par les élus de l’opposition, le projet a fait l’objet d’un retour au cabinet du maire le 14 août. Les conseillers municipaux d’opposition y dénonçaient alors de nombreux « reculs » par rapport au règlement de la précédente municipalité, une analyse également partagée par les groupes « Une vision pour La Rochelle » et « Générations La Rochelle ». Lors d’une réunion début septembre, après de vives discussions, les élus d’opposition ont toutefois constaté que le projet avait peu évolué et restait, dans ses grandes lignes, quasiment inchangé.
« Il a fallu reprendre tous les amendements. Frédéric Milhiet (le premier adjoint) a découvert la copie qu’on avait faite », déplore Océane Mariel, qui ajoute : « C’est le symbole de la conception de la démocratie d’Olivier Falorni. Je ne suis pas sûre que tout le monde soit raccord avec sa manière de faire. »
« On a l’impression de le mettre en difficulté, c’est pourtant un vieux lascar en politique », précise de son côté Léa Crestois.
« Le but du jeu, ce n’est pas que les débats soient enflammés, mais qu’il y ait des débats contradictoires », déplore Olivier Godin, en référence au dernier conseil municipal de juillet, marqué par sa durée, quatre heures, et par des débats particulièrement nourris. Un nouveau règlement qui, loin d’apaiser les débats, pourrait au contraire les rendre encore plus animés lors du prochain conseil municipal, prévu ce lundi 21 septembre.






