À seulement 23 ans, Lucie Quinton possède déjà un parcours singulier. Après dix années consacrées au football freestyle, cette Normande d’origine, installée à La Rochelle depuis mars dernier, est devenue double championne du monde. Une ascension construite au fil des entraînements, des compétitions et des voyages, dans une discipline encore peu connue du grand public.
Discipline reconnue à l’échelle internationale mais peu répandue dans l’Hexagone, le football freestyle a pourtant offert à Lucie Quinton une carrière au plus haut niveau. À seulement 23 ans, cette Normande d’origine, installée à La Rochelle depuis mars dernier, est double championne du monde. Avant de se tourner vers le freestyle, elle découvre d’abord le football traditionnel à l’âge de 10 ans. « J’avais juste besoin de choisir un sport quand j’étais plus jeune », explique t-elle. « J’ai commencé le foot un peu par hasard durant cinq ans, juste avant de basculer vers le football freestyle quand j’avais 14 ans. »
Le football freestyle comme une évidence
À 14 ans, Lucie découvre une discipline encore peu connue. Une vidéo YouTube suffit alors à lui donner envie d’essayer. « C’est vrai que ce n’était pas la discipline la plus connue », reconnaît Lucie. « Je suis tombée sur une vidéo YouTube d’un freestyler qui apprenait à faire des gestes pour les débutants. J’ai pris mon ballon, je suis allée essayer et, au fur et à mesure, j’ai continué à regarder d’autres vidéos et à essayer encore d’autres gestes. »
Dix ans plus tard, cette discipline fait toujours partie de son quotidien. Désormais professionnelle, Lucie participe aux compétitions nationales et internationales, notamment dans la catégorie lower, qui privilégie la technique et la difficulté. Elle regroupe notamment les variations de « tours du monde » et les figures réalisées debout, principalement avec les jambes. Mais accéder à ces compétitions n’a pas été un long fleuve tranquille. Le haut niveau impose un rythme soutenu, qui varie selon les périodes et l’approche des compétitions comme l’explique parfaitement la Normande. « Ça dépend des périodes, notamment si je suis avant des périodes de compétitions, mais en général, ça tourne autour de cinq à six entraînements par semaine. »
À la technique s’ajoutent des séances de musculation. La préparation évolue également au fil de la saison : avant une compétition, l’objectif est principalement de répéter les gestes et les enchaînements, tandis que les périodes qui suivent sont davantage consacrées à l’apprentissage. « Je fais aussi des séances de musculation, mais je fais principalement de la technique et de l’entraînement purement freestyle football. Avant la compétition, c’est souvent de la répétition. Après les compétitions, on est plus sur des entraînements d’apprentissage de nouveaux gestes, de réflexion sur de nouveaux enchaînements. »
Des battles comme au breakdance
En compétition, les freestylers s’affrontent en un contre un, dans un format proche « des battles de breakdance ». Trois ou cinq juges évaluent les performances selon plusieurs critères prédéfinis et le participant obtenant le plus de points accède au tour suivant.
Les compétitions ont conduit Lucie à voyager à travers l’Europe, notamment en République tchèque, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Lettonie ou encore en Pologne. Pour les championnats du monde, la qualification permet une prise en charge du déplacement. « Pour les championnats mondiaux, ils sont sur qualification. Si on s’y qualifie, tout est pris en charge, le trajet, le logement, la nourriture. Sinon, la plupart du temps, les voyages sont à mes frais. »
Une championne qui doit encore travailler à côté
Malgré ses deux titres mondiaux, elle ne vit pas de sa discipline. Elle complète son activité de freestyler par des initiations, des spectacles et des animations auprès de clubs sportifs ou de collectivités, tout en travaillant dans la gestion des risques. « J’en vis partiellement. À côté de ça, je propose des initiations, des spectacles, des animations pour des clubs sportifs ou des collectivités, et je travaille à côté dans la gestion des risques. »
La professionnalisation reste en effet limitée, notamment en matière de rémunération des compétitions. « Je pense que ce n’est pas assez démocratisé. On gagne très peu d’argent par les compétitions. C’est surtout par le biais des animations. Vu qu’on est beaucoup de freestylers, seulement les plus gros arrivent à en vivre pleinement. Sinon, c’est plus comme un job d’été, car c’est surtout les étés qu’on a des prestations. »
De la vidéo YouTube qui lui a fait découvrir le football freestyle à ses deux titres de championne du monde, Lucie Quinton a progressivement tourner sa vie autour du football freestyle. Entre entraînements, compétitions, voyages et prestations, la jeune Rochelaise continue aujourd’hui de tracer son parcours dans une discipline encore peu connue du grand public.






