Alors que le choix du site du futur centre hospitalier de l’agglomération de La Rochelle est désormais acté, les élus et les acteurs publics cherchent maintenant à financer les travaux, affichant pour cela une union rare autour du projet. Il faudra notamment aller chercher près de 300 millions d’euros à Paris, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale.
Les images avaient marqué les esprits en avril 2025. Quelques semaines après la visite du Premier ministre de l’époque, François Bayrou, dans l’agglomération, l’ancien maire d’Aytré, Tony Loisel, s’était opposé à Jean-François Fountaine sur le choix du site du futur hôpital. Venus demander des financements et une accélération du projet, les deux hommes avaient renvoyé une image particulièrement négative du dossier, à tel point que le chef du gouvernement avait indiqué qu’un financement de l’État ne pourrait être envisagé qu’à la condition d’une union autour du projet. Les deux maires avaient alors tenu deux conférences de presse distinctes, chacun de leur côté, entourés de maires de l’agglomération, pour défendre respectivement le site de Varaize, soutenu par Tony Loisel, et celui de DBMA, défendu par Jean-François Fountaine.
Ce jeudi 3 septembre, on semble désormais bien loin de cette période, à l’hôtel de la Communauté d’agglomération de La Rochelle. Autour de la table : Olivier Falorni et Hélène Rata, les maires de La Rochelle et d’Aytré, Jean-Luc Algay et Guillaume Krabal, représentant les deux groupes d’élus de l’agglomération, les députés Sabine Gervais et Benoît Biteau, ce dernier présent en visioconférence, le Département représenté par Stéphane Villain, la Région par Jean-Philippe Plez, ainsi que la directrice de l’hôpital, Valérie Bénéat-Marlier.
Une union inédite après des années de divergences autour de ce projet, notamment sur le choix du site, qui ne semble désormais plus faire débat. Le futur hôpital sera bien construit sur la zone de DBMA, à Aytré, sur près de 12 hectares, contre 6 hectares actuellement pour le site de Saint-Louis. Un « choix de la lucidité », selon Olivier Falorni, alors que le site de Varaize présenterait trop de contraintes juridiques, notamment en raison de la loi Littoral. Au total, près de 13 sites avaient été étudiés au début du projet dont le site du parc des Expositions, sur lequel Olivier Falorni a dénoncé « une forme d’obstination déraisonnable » durant des années de l’ancienne municipalité qui a fait perdre du temps au projet selon lui.
"Une micro-goutte dans le budget de la sécurité sociale"
Alors qu’Olivier Falorni précise que le préfet et le directeur départemental de l’Agence régionale de santé n’ont pas pu participer à la réunion en raison de la période de réserve liée aux élections sénatoriales, cette démonstration d’unité avait bien un objectif : au-delà de montrer l’union autour du projet, il s’agissait surtout de chercher à obtenir un financement de l’État.
Le projet, estimé à 740 millions d’euros, sera en partie autofinancé par le Groupe hospitalier Littoral Atlantique et les collectivités locales. Mais, d’après Olivier Falorni, il reste près de 440 millions d’euros à trouver.
Le président de l’agglomération de La Rochelle précise que le directeur de l’Agence régionale de santé lui a indiqué qu’une enveloppe de 100 millions d’euros serait débloquée pour le projet, tandis qu’il espère obtenir près de 40 millions d’euros supplémentaires auprès du Ségur de la santé. Il resterait alors près de 300 millions d’euros à financer. Une somme importante qu’Olivier Falorni compte aller chercher à Paris, notamment dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
Concrètement, avec l’aide des députés Sabine Gervais et Benoît Biteau, l’ancien membre de l’Assemblée nationale espère obtenir 30 millions d’euros grâce à un amendement qui serait reconduit chaque année pendant dix ans, afin de parvenir progressivement au montant nécessaire. « C’est une micro-goutte dans le budget annuel de la Sécurité sociale », explique-t-il. Sabine Gervais a, de son côté, assuré de sa pleine mobilisation pour faire aboutir cette demande. La députée devrait notamment rencontrer la ministre de la Santé dans les prochaines semaines pour évoquer le projet.
"Poser la première pierre durant ce mandat"
Alors que le futur hôpital pourrait accueillir près de 800 lits, voire idéalement 880, selon la directrice Valérie Bénéat-Marlier, le nouveau site est indispensable et doit être pensé « pour les 30 à 50 prochaines années », explique-t-elle. Il pourra également offrir des perspectives d’agrandissement en fonction de l’évolution des besoins, qui n’ont cessé d’augmenter ces dernières années avec la croissance démographique et l’évolution de la population, mais aussi afin d’améliorer les conditions de soins, alors que l’hôpital Saint-Louis a été construit dans les années 1970.
« C’est un projet à long terme. Mon souhait, c’est qu’on puisse poser la première pierre durant ce mandat. Dans les sept ans qui viennent, j’espère qu’à minima, on pourra poser cette première pierre », espère Olivier Falorni. Un sentiment partagé par Hélène Rata, la maire d’Aytré, pour qui ce projet représente « une perspective importante » pour sa commune.
Un nouvel équipement qui s’inscrirait également dans le cadre de la fusion de l’hôpital rochelais avec celui de Rochefort, qui devrait prendre effet au début de l’année 2027 et représentera désormais un budget annuel de près de 600 millions d’euros. « Rochefort doit être intégré à la réflexion sur le nouvel hôpital », défend de son côté Valérie Bénéat-Marlier.
Un futur hôpital aux multiples enjeux pour le territoire, qui semble aujourd’hui plus concret que jamais, à en croire la confiance affichée par les élus lors de cette conférence de presse.






