Alors qu’une cinquantaine de signalements ont été effectués auprès de l’Agence régionale de santé (ARS) en septembre par des élèves, des personnels et des riverains du chantier de dépollution du site Marcel-Paul, la municipalité a fait le point sur l’avancée des opérations ce lundi. L’occasion également de revenir sur la question de la surincidence des cancers dans les quartiers ouest de La Rochelle.
Depuis plus de deux ans, le chantier de dépollution du site Marcel-Paul fait partie des sujets qui animent la vie politique rochelaise, notamment lors des conseils municipaux. Alors qu’un protocole a été dévoilé début juillet par le préfet Michel Prosic afin de mener à bien l’extraction des dernières terres polluées, une cinquantaine de signalements ont été effectués auprès de l’Agence régionale de santé (ARS) au cours du mois de septembre, à la suite de l’apparition de symptômes. Une situation qui suscite l’inquiétude des riverains et des établissements scolaires environnants.
Ces inquiétudes ont conduit Nathalie de Fruyt, conseillère municipale d’opposition du groupe Une vision pour La Rochelle, à interpeller la municipalité. L’élue s’interroge notamment sur l’installation d’une tente de protection au-dessus du site, destinée à encadrer les opérations de dépollution. Selon elle, les manœuvres des engins auraient provoqué des mouvements de terre susceptibles d’entraîner une nouvelle pollution.
« La dépollution doit avancer, mais de façon protégée afin qu’à chaque étape, nos enfants ne soient pas exposés à la pollution », souligne-t-elle. Nathalie de Fruyt indique également qu’une pétition a été créée pour réclamer des mesures complémentaires et demande la réalisation d’une évaluation indépendante du dispositif.
« Pas de taux supérieurs à ceux observés d’habitude »
De son côté, Marie Dubois, adjointe chargée des questions de santé publique, rappelle que plusieurs dispositifs de surveillance sont en place. Un comité de surveillance environnementale se réunit tous les quinze jours en préfecture. Des comités de suivi associent également des associations d’enseignants, le collectif Zéro Toxic, l’Agence régionale de santé (ARS) et la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL). La dernière réunion s’est tenue le 29 septembre.
Concernant les symptômes signalés par plusieurs personnes, l’élue indique qu’ils ont été déclarés au cours de la semaine du 18 septembre. « Une heure après, la DREAL était sur site pour faire des prélèvements. Tous les résultats sont accessibles à tous sur le site de la préfecture. Ils n’ont pas révélé de taux supérieurs à d’habitude », explique-t-elle. Marie Dubois rappelle les différents prélèvements réalisés et les mesures mises en place, assurant que les symptômes signalés par les riverains n’ont pas été minimisés.
Marie Dubois souhaite également rassurer les riverains concernant l’installation de la tente de protection. Elle affirme qu’aucun forage n’a été réalisé à ce stade. « Ils seront faits dans un deuxième temps, quand elle sera montée et prouvée étanche », précise-t-elle. L’installation de la structure devrait être achevée en décembre.
L’ancien maire de La Rochelle, désormais conseiller municipal d’opposition, Thibaut Guiraud, a également interrogé la municipalité sur la surincidence des cancers dans les quartiers ouest de la ville, un sujet devenu central durant son court mandat. Marie Dubois a indiqué qu’une thèse de médecine était en cours sur cette question, avec des résultats attendus le 4 novembre. Elle a également annoncé qu’un spectromètre destiné à analyser la qualité de l’air serait mis en place dans les prochaines semaines, en concertation avec les comités de quartier et les associations.






