La question du mouvement lycéen s’est invitée en ouverture du conseil municipal de ce lundi 12 octobre. Interpellé par des élus d’opposition, le maire de La Rochelle, Olivier Falorni, qui ne s’était jusqu’alors pas exprimé publiquement sur la mobilisation, a pris la parole pour évoquer son soutien aux revendications des jeunes, mais aussi les incidents et les violences survenus depuis une dizaine de jours.
Le mouvement lycéen s’invite au conseil municipal de La Rochelle. Alors qu’il ne s’était pas encore exprimé publiquement sur cette mobilisation qui dure depuis une dizaine de jours dans l’agglomération, le maire, Olivier Falorni, a finalement réagi après avoir été interpellé par l’élu d’opposition Olivier Godin (La Rochelle Unie), ce lundi soir.
Professeur dans un lycée de la ville, Olivier Godin a rappelé les nombreuses revendications du mouvement et regrette que le gouvernement « s’exonère de réponses » en « faisant passer les jeunes pour des fauteurs de troubles ». Il dénonce le manque de considération accordé à la parole des lycéens, estimant « qu’ils sont trop petits pour exprimer une position, mais assez grands pour se faire violenter par les forces de l’ordre », ainsi qu’une « violence policière inhabituelle », évoquant les blessures graves de plusieurs lycéens depuis le début du mouvement.
Olivier Godin se dit « frappé que certains adultes soient plus soucieux de poubelles que de jeunes ». Évoquant les événements survenus au lycée Nelson-Mandela, à Nantes, l’incendie d’un commissariat à Bordeaux ou encore l’attaque d’un bus à La Rochelle, il rappelle que ces faits constituent, selon lui, des « actes isolés qui ne doivent pas servir d’argument pour discréditer le mouvement ». Il ajoute que la mobilisation rochelaise s’inscrit dans un mouvement national et que les élèves portent des revendications similaires. Il dénonce toutefois la situation autour de la place de Verdun et devant le lycée Dautet, évoquant « un usage massif de gaz lacrymogène, de LBD, une technique dangereuse de la nasse et des interpellations abusives ».
« Face à cette situation tendue, nous aurions pu espérer une communication de votre part, voire une présence au lycée Dautet. Les acteurs concernés sont la préfecture, la Région, mais en tant que maire, ce sont vos jeunes administrés dans la rue. Vous avez vous-même été enseignant, pourquoi ne pas avoir eu un mot pour eux, ne pas avoir appelé à la désescalade ? », s’est interrogé l’élu.
"Je ne vous ai pas attendu pour prôner la désescalade" déclare Olivier Falorni
Alors qu’Olivier Godin demande à Olivier Falorni de porter auprès de la préfecture une exigence de désescalade autour des établissements scolaires pour la semaine à venir, le maire de La Rochelle a réagi : « Je ne vous ai pas attendu pour prôner la désescalade, pour faire en sorte que ce mouvement se passe sans violences. Mais il y a eu des violences. Votre présentation fait que vous avez totalement omis les violences exercées à l’égard des forces de police. Pas un mot, à croire qu’aucun policier n’a été blessé lors des manifestations. »
Il a également contesté les propos de l’élu concernant les forces de l’ordre : « Votre réquisitoire pour la police, je ne m’y reconnais pas du tout. Dans notre pays, la police est républicaine, elle fait son travail. Il peut y avoir un certain nombre d’actions qui ne correspondent pas à ce que doivent faire des policiers. C’est la profession la plus contrôlée, la plus sanctionnée. Certains actes répréhensibles observés le seront, je pense. » Olivier Falorni s’est dit surpris qu’Olivier Godin fasse mention des blessures subies par plusieurs jeunes sans évoquer celles des forces de l’ordre.
Le maire a toutefois indiqué partager la vision de l’élu de La Rochelle Unie concernant les revendications du mouvement et l’avenir de la jeunesse : « Je rejoins votre plaidoirie pour la jeunesse, c’est difficile d’être jeune aujourd’hui. Je crois que la problématique est liée aux conditions de travail, d’exercice dans des lycées parfois obsolètes, à l’organisation de l’emploi du temps, etc. Au-delà de ça, il y a une peur de l’avenir et de ce qui nous entoure. C’est légitime de s’inquiéter du monde dans lequel on vit à 17 ou 18 ans. »
Olivier Falorni a affirmé souhaiter que « la jeunesse soit entendue » et que le mouvement se déroule « sans violence de part et d’autre ». Il a néanmoins réaffirmé son désaccord avec les critiques adressées à la police : « Pour résumer, si votre plaidoirie pour la jeunesse, on la partage, on a été enseignants tous les deux, ce n’est pas par hasard, mais pour transmettre des conditions et forger un avenir pour la jeunesse, autant votre réquisitoire contre la police me heurte. Nous avons besoin aussi de forces de l’ordre qui font que, justement, le droit de manifester puisse s’exercer dans le calme, dans le respect. »
De son côté, Christophe Batcabe, élu d’opposition du groupe « Une Vision pour La Rochelle », a proposé la création d’un conseil des collégiens et des lycéens, sur le modèle du conseil municipal des enfants déjà existant. Cette instance permettrait de « les mettre en responsabilité et de les écouter », tout en créant des passerelles avec les acteurs associatifs et le monde du travail, a-t-il ajouté.






