Arrivé en Charente-Maritime ce lundi, Michel Prosic, le nouveau préfet du département, a présenté ses premières priorités lors d’une rencontre avec la presse. Attaché au terrain et peu adepte du travail de bureau, il défend la vision d’un État « proche » des citoyens, à l’écoute des territoires et de leurs habitants.
Session du conseil départemental, visite de la nouvelle caserne de Lagord, rencontre avec les forces de sécurité intérieure, échange avec le maire Olivier Falorni… À peine arrivé en Charente-Maritime, Michel Prosic affiche déjà un agenda chargé. Nommé préfet du département, il a officiellement pris ses fonctions lundi à 9 heures et multiplie depuis les déplacements sur le terrain.
Arrivé samedi en provenance de Haute-Corse, où il a exercé les fonctions de préfet durant près de quatre ans, une longévité rare à ce poste, le haut fonctionnaire entend rapidement prendre le pouls du territoire. Auparavant, il avait notamment été préfet du Lot et directeur régional des affaires culturelles en Auvergne-Rhône-Alpes.
Passionné de lecture, Michel Prosic a présenté ce mardi ses premières orientations lors d’une rencontre avec la presse. « Ce que j’aime le plus, c’est décliner les politiques publiques au plus près de notre territoire, mais surtout au plus près de nos concitoyens », explique-t-il. Originaire de Moselle et diplômé en histoire et en aménagement du territoire, il revendique une conception de l’État fondée sur la proximité. « Ma marque de fabrique, ce sont les territoires. J’ai toujours eu la volonté d’entretenir une relation forte avec les élus, le monde économique, le monde associatif et, plus largement, avec l’ensemble de nos concitoyens, en étant à leur écoute », souligne-t-il.
"La première chose à laquelle on pense évidemment c'est Xynthia"
À 54 ans, Michel Prosic souhaite avant tout traduire concrètement les politiques nationales dans le quotidien des habitants. « Il faut que ce soit une réalité concrète dans le quotidien de nos concitoyens et qu’ils voient que cette annonce a donné lieu à l’application de cette politique publique sur le terrain », affirme-t-il.
Interrogé sur l’image qu’il avait de la Charente-Maritime avant sa nomination, le nouveau préfet évoque plusieurs sujets marquants. « La première chose à laquelle on pense évidemment c’est Xynthia, qui a changé profondément la gestion des crises, la prévention des crises en matière de sécurité civile. Deuxième point auquel j’ai pensé immédiatement c’est cette image forte de l’Atlantique avec l’image forte évidemment de la dimension économique de la conchiliculture. On pense aussi tout de suite au Francofolies. Évidemment on pense au Stade Rochelais, j’ai découvert le rugby à l’ASM. Et enfin quand on m’a dit Charente-Maritime, j’ai aussi tout de suite pensé aux inondations qu’il y a eu en début d’année »
Une vision qui fait écho à certaines problématiques rencontrées en Haute-Corse. Michel Prosic cite notamment la gestion de l’eau, les enjeux liés au littoral, aux ports et à l’érosion côtière, les phénomènes météorologiques extrêmes, mais aussi la question du logement.
"Un état proche, accessible à tous, à l'écoute des territoires, à l'écoute des habitants"
Quelle feuille de route compte-t-il appliquer en Charente-Maritime ? Bien qu’installé depuis moins de deux jours, le préfet résume sa vision autour de trois axes majeurs. Le premier est celui d’un « État proche, accessible à tous, à l’écoute des territoires, des habitants et de leurs élus ».
« Le rôle de l’État c’est évidemment de contrôler, parce que le contrôle c’est le respect de l’égalité des citoyens devant la loi. Mais il est d’abord de conseiller », estime-t-il. Attaché à la proximité, Michel Prosic souhaite notamment s’appuyer sur le réseau des sous-préfectures afin de maintenir une présence forte de l’État sur l’ensemble du territoire.
Le deuxième axe repose sur un « État partenaire », travaillant en collaboration avec les collectivités locales ainsi qu’avec l’ensemble des acteurs économiques, associatifs et institutionnels. Enfin, il défend l’idée d’un « État réactif », capable d’anticiper les difficultés et de mettre en œuvre efficacement les politiques publiques. « Les politiques publiques n’ont qu’un seul objectif : améliorer le quotidien de nos concitoyens », résume-t-il.
Une "implication particulière" sur les sujets environnementaux
Alors que son agenda du premier mois est déjà entièrement rempli, avec de nombreuses rencontres prévues à travers le département, Michel Prosic entend poursuivre les actions engagées en matière de sécurité, notamment dans la lutte contre le narcotrafic. Il souhaite également réaliser un état des lieux des établissements recevant du public présentant des avis défavorables ou assortis de réserves.
« Il faut voir le cheminement qui doit être le nôtre pour arriver à lever les réserves sur ces établissements », indique-t-il. L’éducation figure aussi parmi ses priorités. « Si l’on veut étudier dans de bonnes conditions, il faut disposer de belles écoles », affirme-t-il.
Le préfet évoque également les enjeux de santé, avec notamment l’ouverture du nouvel hôpital de La Rochelle, ainsi que les défis liés au vieillissement de la population. Autre sujet qui retient son attention : l’équilibre entre le littoral et l’intérieur du département. Il estime que certaines disparités existent et souhaite renforcer les dispositifs permettant de soutenir les territoires les plus éloignés du littoral.
Michel Prosic assure par ailleurs vouloir s’inscrire dans la continuité du travail engagé par son prédécesseur, Brice Blondel, dont il salue l’action. « C’est un excellent préfet. De nombreuses initiatives ont été lancées et n’ont pas encore totalement abouti. Je m’inscrirai dans cette continuité afin de les mener à leur terme », explique-t-il.
Parmi les dossiers qu’il suivra attentivement figurent la question des politiques environnementales, avec le suivi des cancers pédiatriques en Plaine d’Aunis et le programme Exposcan, ou encore le chantier de dépollution du site Marcel-Paul. Des sujets déjà évoqués avec plusieurs élus locaux et sur lesquels le nouveau préfet assure vouloir avoir une « implication particulière ».






