Après la découverte de deux pesticides dans l’eau potable de l’agglomération, une plainte contre X pour atteinte à l’environnement a été déposée. Les captages concernés ont été déconnectés et seul le seuil d’alerte a été dépassé. Selon les élus, la santé humaine n’a pas été menacée, alors que les nouveaux résultats sont rassurants.
Une nouvelle fois, la qualité de l’eau potable de l’agglomération de La Rochelle fait parler d’elle. Ce mercredi 23 septembre, Guillaume Krabal et Marc Maigné, vice-présidents de l’Agglomération respectivement chargés de l’eau potable et de la santé environnementale, ont annoncé le dépôt d’une plainte contre X pour atteinte à l’environnement, après la découverte de deux molécules de pesticides dans l’eau potable.
Cette contamination concerne près de 20 000 habitants, notamment dans le centre-ville de La Rochelle ainsi que dans les communes de Montroy et de Bourgneuf. « Le seuil d’alerte de 0,1 microgramme a été dépassé, mais pas le seuil de dangerosité », veut rassurer Guillaume Krabal.
De son côté, Marc Maigné assure que cette présence de pesticides ne devrait pas avoir d’impact sur la santé des consommateurs. « Il n’y a pas d’urgence sanitaire liée à la santé humaine, on est plutôt sur un principe de précaution », explique-t-il.
Des nouveaux résultats rassurants
Mais comment ces deux molécules de pesticides, de la famille des herbicides, ont-elles pu se retrouver dans le réseau de distribution d’eau potable, d’autant plus que l’une d’elles est interdite depuis deux ans ? Mesuré à 1 microgramme par litre, le métolachlore NOA est en effet interdit depuis juillet 2024, mais il n’existe pas de seuil de dangerosité défini par l’ANSES. Le second, le flufénacet ESA, a été mesuré à 0,82 microgramme par litre, soit bien au-dessus du seuil d’alerte, mais bien en deçà du seuil de dangerosité fixé à 8,8 microgrammes par litre.
Comme l’explique Guillaume Krabal, des contrôles de routine sont effectués chaque mois sur la station de pompage de Fraise, où les molécules ont été détectées. Effectués début septembre, les résultats ont été reçus vendredi par l’Agglomération, qui a alors diligenté de nouvelles analyses en urgence et fermé, par mesure de prévention, plusieurs captages. Les nouveaux résultats, reçus mardi, sont rassurants puisqu’aucune nouvelle trace de pesticide n’a été détectée, explique l’élu.
1300 analyses chaque année
Située à Vérines, dans l’est de l’agglomération, la station de pompage de Fraise collecte les eaux en provenance de plusieurs communes : Anais, Vérines, Saint-Christophe et Saint-Médard-d’Aunis. La tâche ne va donc pas être simple pour trouver la source de ce rejet, qui peut être aussi bien volontaire qu’accidentel. Guillaume Krabal précise avoir été en contact avec la Chambre d’agriculture, qui a partagé son étonnement, étant donné que cela ne correspond ni à la période ni aux travaux agricoles en cours. « L’ensemble des acteurs cherchent des réponses. Ils n’ont pas envie d’être à nouveau stigmatisés », ajoute Guillaume Krabal.
Chaque année, près de 1 300 analyses sont effectuées sur le réseau d’eau potable afin de détecter la présence de près de 300 molécules potentiellement dangereuses, soit 100 de plus qu’il y a trois ans. L’été dernier, c’est l’eau en provenance de la Charente qui avait été au cœur de l’actualité après la détection de fosétyl, un fongicide notamment utilisé dans les vignes. L’eau était cependant restée potable.






